Selon des médias officiels ainsi que des organisations indépendantes de défense des droits humains, les forces de sécurité ont arrêté un grand nombre de citoyens et d’activistes ces derniers jours. Les médias officiels accusent fréquemment les personnes arrêtées de « coopération avec des entités hostiles », tandis que les organisations de défense des droits décrivent une répression bien plus large visant différents segments de la société.
La situation est encore compliquée par de sévères restrictions de l’information. L’Iran est désormais entré dans son vingt-cinquième jour consécutif de perturbations généralisées d’Internet, laissant la plupart des citoyens sans accès fiable aux plateformes de communication. Cette coupure a considérablement limité la circulation de l’information et rendu extrêmement difficile la vérification indépendante des arrestations et des événements associés.
Malgré ces contraintes, les observateurs des droits humains rapportent que ces arrestations s’inscrivent dans une tendance plus large qui s’est intensifiée après les manifestations du début de l’année 2026. À la suite de ces mobilisations, des milliers de personnes auraient été arrêtées dans tout le pays, avec très peu de transparence concernant leur statut juridique ou leurs conditions de détention.
Des rapports récents suggèrent que les personnes visées incluent des militants politiques et civils, des journalistes, des familles endeuillées en quête de justice, des membres de minorités ethniques et religieuses, des étudiants universitaires, ainsi que du personnel médical. En plus de ces groupes identifiables, des centaines de citoyens ordinaires auraient également été arrêtés sans divulgation publique de leur identité.
Le ministère du Renseignement du régime iranien a affirmé le 19 mars avoir identifié et arrêté 97 individus présentés comme des agents liés à Israël. Les autorités ont déclaré que ces personnes étaient impliquées dans l’organisation de troubles et la préparation d’actions violentes, sans toutefois publier de noms ni de preuves détaillées.
Les médias d’État ont également signalé des arrestations massives dans 26 provinces dans les jours précédant le Nouvel An persan. Selon des chiffres cités par des sources liées aux droits humains, au moins 220 personnes ont été arrêtées lors d’une seule vague d’opérations. Par ailleurs, des médias affiliés au Corps des gardiens de la révolution islamique ont affirmé que plus de 100 groupes prétendument liés à des réseaux monarchistes avaient été démantelés, bien que la nature et la structure de ces groupes restent floues.
D’autres arrestations ont été signalées en lien avec le partage d’images et d’informations. Des médias proches des services de sécurité ont indiqué que des dizaines de personnes avaient été arrêtées pour avoir envoyé des photos et des vidéos à des médias persanophones à l’étranger. Dans une seule province, les autorités ont affirmé avoir arrêté 75 personnes pour de tels faits.
Ces mesures font suite à des avertissements explicites de responsables sécuritaires, notamment Ahmad Reza Radan, qui avait menacé que toute personne répondant à des appels à manifester ou partageant des informations serait considérée comme un acteur hostile. Les autorités judiciaires ont également ordonné aux forces de l’ordre de poursuivre toute personne accusée de documenter ou de diffuser des images de sites sensibles, en particulier ceux liés à des activités militaires ou à des frappes récentes.
Si les institutions étatiques affirment que ces mesures sont nécessaires pour la sécurité nationale, des experts juridiques en Iran ont souligné que la prise de photos dans les espaces publics n’est pas en soi un crime, sauf si elle concerne des zones restreintes ou s’accompagne d’une intention démontrable de nuire à la sécurité. Néanmoins, l’application de ces règles semble s’être étendue bien au-delà de limites juridiques clairement définies.
Les organisations de défense des droits humains continuent de publier des mises à jour quotidiennes documentant les arrestations, les victimes et d’autres évolutions, malgré les restrictions d’accès à l’information. Leurs rapports suggèrent que l’ampleur des détentions est bien plus importante que ce qui est officiellement reconnu.
On observe également une multiplication des pratiques d’intimidation au-delà des arrestations. Des citoyens auraient reçu des messages menaçants les accusant d’activités en ligne jugées favorables aux médias d’opposition ou critiques envers le gouvernement, les avertissant de possibles détentions.
Parallèlement, les inquiétudes grandissent concernant les conditions de détention à travers le pays. Des militants décrivent des prisons surpeuplées, un manque de soins médicaux et une dégradation des conditions humanitaires, suscitant de vives alarmes quant au traitement des détenus dans ce contexte de répression accrue.
Dans l’ensemble, ces évolutions indiquent un effort systématique des autorités iraniennes pour contrôler à la fois l’espace public et la circulation de l’information durant une période de pression interne et externe intense. Avec des canaux de communication restreints et des arrestations en cours, l’ampleur réelle de la situation reste difficile à évaluer — mais les éléments disponibles suggèrent une intensification rapide de la répression.

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