Les efforts diplomatiques de l'Union européenne pour réduire les tensions
Kaja Kallas, Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, a déclaré mardi à Reuters, lors d'un entretien accordé à Bruxelles, qu'elle appelait à un cessez-le-feu immédiat et soulignait que la guerre ne profitait à aucune des parties. Elle a indiqué que l'Union européenne consultait les pays du Moyen-Orient afin de trouver une solution diplomatique et qu'elle était prête à contribuer à la réduction des tensions par la voie diplomatique. Évoquant la situation critique dans le détroit d'Ormuz, Mme Kallas a affirmé que l'Europe n'excluait pas de participer aux efforts visant à rétablir la liberté de navigation, mais que cela devait se faire dans un cadre diplomatique.
Elle a également déploré que l'Europe n'ait pas été consultée avant le début du conflit, affirmant que si de telles consultations avaient eu lieu, des efforts auraient été déployés pour l'éviter. Mme Kallas a averti que la persistance des tensions dans le détroit d'Ormuz pourrait engendrer une crise énergétique et alimentaire ainsi que de graves perturbations du commerce mondial. L'Union européenne a insisté sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une guerre européenne et n'a manifesté aucune volonté d'étendre sa mission navale au détroit d'Ormuz.
Frappes aériennes israéliennes sur Téhéran et ciblage de hauts commandants
Mardi matin, des frappes aériennes israéliennes sur Téhéran ont porté un coup dur à la structure sécuritaire et aux dirigeants du régime iranien. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé la mort d'Ali Larijani (secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale) et de Gholamreza Soleimani (commandant de la milice Bassidj des Gardiens de la révolution). Katz a déclaré que lui-même et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avaient ordonné la poursuite des frappes contre les cadres dirigeants du régime. Les médias israéliens et quatre responsables israéliens ont confirmé l'information à Reuters, tandis que les autorités iraniennes n'ont pour l'instant fait aucun commentaire. L'agence de presse Tasnim, affiliée aux Gardiens de la révolution, a affirmé que Larijani publierait un message, mais seule une image non datée de son ancienne écriture, faisant référence aux funérailles des marins du destroyer Dena, a été diffusée. Ces affirmations n'ont été ni confirmées ni démenties officiellement par Téhéran.
De plus, des images et des vidéos de frappes précises ont été diffusées, notamment le bombardement du bâtiment de la Fondation des Martyrs (une importante institution d'État) situé à l'angle des rues Bahar et Taleghani à Téhéran, ainsi qu'une frappe de drone contre un véhicule d'une unité spéciale de la police place Enghelab, qui a détruit le véhicule et tué son conducteur. Ces attaques témoignent de l'importance accordée par Israël aux objectifs sécuritaires et militaires dans la capitale.
et la répression interne
La coupure d'Internet en Iran entre dans son dix-huitième jour et les citoyens restent privés d'accès libre aux communications. Le ministère du Renseignement du régime affirme avoir découvert et confisqué des centaines de systèmes Starlink (prétendument mis en place sous l'égide des États-Unis et d'Israël). Cette mesure intervient alors que les autorités ont restreint l'accès à Internet, le réservant aux seuls réseaux alignés sur le régime. Cette coupure est utilisée comme outil de répression pour empêcher la diffusion d'informations et d'images des attentats et pour contrôler la circulation de l'information. Selon des rapports internationaux, cette coupure a débuté en janvier et le trafic Internet a chuté à environ 1 % de son niveau normal.
Conséquences plus larges de la guerre
La journée a été marquée par une hausse des prix mondiaux de l'énergie, alors que la menace pesant sur le détroit d'Ormuz persiste. Tandis qu'Israël concentre ses efforts sur les dirigeants du régime iranien, l'Iran riposte par des frappes de missiles et de drones. Tout indique que le conflit demeure une guerre d'usure, sans perspective de cessez-le-feu imminent. L'Union européenne privilégie la voie diplomatique, mais sa réticence à s'engager militairement maintient la pression sur les États-Unis et Israël.
Le dix-huitième jour de la guerre a une fois de plus démontré que le conflit n'est pas seulement militaire, mais qu'il comporte également de profondes dimensions économiques, communicationnelles et humanitaires, et qu'il a profondément affecté l'avenir de la région.
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