Escalade des exécutions à travers l'Iran
L'appareil d'exécution du régime iranien a intensifié ses opérations en février, causant la mort d'au moins 307 personnes dans 31 provinces et 65 villes. Ce chiffre effroyable inclut 5 femmes pendues. L'ampleur des exécutions durant cette période représente une augmentation drastique par rapport aux années précédentes, soit plus de quatre fois le total enregistré au cours du mois persan de Bahman 1403 (76 exécutions, soit environ février 2025), près de 8,5 fois celui de Bahman 1402 (36 exécutions, soit environ février 2024) et environ sept fois celui de Bahman 1401 (44 exécutions, soit environ février 2023). Cette tendance alarmante souligne la tentative désespérée du régime de se maintenir au pouvoir par la brutalité et l'intimidation.
Les provinces les plus durement touchées par cette vague d'exécutions sont le Khorasan Razavi (42 exécutions), le Lorestan (26), le Khuzestan (22), Ispahan (20), le Fars et Kerman (17 chacune) et le Mazandaran (16 exécutions). Ces statistiques soulignent l'ampleur des mesures punitives du régime, qui ciblent des individus dans diverses régions géographiques.
Cette statistique alarmante reflète un régime qui a normalisé la violence et la mort commanditées par l'État comme principaux instruments de gouvernance.
Le nombre d'exécutions enregistrées en janvier 2026 a dépassé 300 pour le quatrième mois consécutif, atteignant 341. Les exécutions enregistrées en octobre, novembre et décembre 2025 étaient respectivement de 279, 336 et 376, indiquant une trajectoire constante et à la hausse des exécutions sanctionnées par l'État.
Chronologie des exécutions en février 2026
Le mois de février a été marqué par de nombreuses exécutions de masse perpétrées dans un mépris absolu de la vie humaine. Voici un récapitulatif détaillé des exécutions recensées :
Dimanche 1er février : 11 victimes ont été faites par la machine à tuer du régime. Les personnes identifiées comprenaient Mostafa Minavand (Semnan), Hekmat Daryaei (Bandar Abbas), Peyman Shiri (Tabriz), Sajjad Dousti (Nowshahr), Amin Nasiri (Sanandaj), Mohammad Ali Moridan (Borujerd), Fardin Kalami (Qom), Behrouz Hazrati (Ardabil), Nasser Hosseini (Qazvin), Manouchehr Mehrabi (Nain) et Shahriar. Farahani (Arak).
Lundi 2 février : 10 prisonniers ont été exécutés. Les noms comprenaient Arman Koushki (Nowshahr), Sattar Khalvand (Ispahan), Sharif Mardanpour (Kerman), Sohrab Rafati (Saveh), Yashar Rezaei (Kashan), Mehdi Poushahbaz (Zanjan), Mohammad Jame' Shorani (Dorud), Arian Shookhi (Qaemshahr), Bagher Mohebbi (Neyshabur) et Hossein Najjar (Gorgan).
Mardi 3 février : 22 prisonniers sont pendus. Parmi eux se trouvaient Farhad et Ahmad Heydari (prison de Qezel Hesar, Karaj), Farhad Karimzadeh et Biuk Namvarzadeh (Tabriz), Ali Mohammadpour (Quchan), ainsi que Nasser Shahmoradi et Ahmad Borhani (Gorgan). En outre, 15 autres prisonniers ont été pendus, dont Khalil Hemmati (Shiraz), Pouya Lashani (Sabzevar), Moradbeyg Haghighat (Birjand), un prisonnier (Bam), Eshagh Miri (Jiroft), Kourosh Nayeri (Yazd), Majid Sohrabi (Malayer), Hirman Sadri (Mahabad), Ali Haghighat-Doust (Lahijan), Tahmaseb Mehrjou. (Khaf), Afshin Maleki (Ilam), Hedayat Mirzaei (Borazjan), Bahram Bani-Asad (Ahvaz), Ayoub Lashkari (Rasht) et Saeed Rouhani (Sirjan).
Mercredi 4 février : 18 prisonniers ont été exécutés. Les victimes identifiées comprenaient Jafar Shahri (Gonabad), Khan-Morad Azizi (Taybad), Houman Momeni (Esfarayen), un prisonnier nommé Morad-Hassan (Kashmar), Amir-Hussein Norouzi (Ferdows), Moslem Almasi (Sari), Hamed Niktaj (Mahshahr), Ayoub Mashhadi (Bojnurd), Shervin Yari (Behbahan), Kousha Moradi (Bukan), Parham Ferdowsi (Shahrekord), Moharram Abdi (Bushehr), Eskandar Poshtkar (Mashhad), Hojjat Mansouri (Chabahar), Fariborz Mehri (Damghan), Hassan Alaei-Bakhsh (28 ans), Bakhtiar Shahabi et Iraj Mostafavi (Gorgan).
Samedi 7 février : 16 prisonniers ont été pendus. Il s'agissait notamment d'Ali Mirdar (32 ans) (Gorgan), Abolfazl Naghavi (Hamedan), Morad Saheli (Zahedan), Mohammad-Ali Saeidlou (Nahavand), Behzad Mashayekhi (Yasuj), Sosha Moradi (Kermanshah), Ali Sarlak-Abad (Aligudarz), Jafar Faryadi (Dezful), Avin Sorkhi (Sanandaj), Farhad Sheikhi (Karaj), Babak Amraei (25 ans), Mohammad-Qasem Amraei, Ali Fazakhosh-Neshin et trois autres prisonniers anonymes (Khorramabad).
Dimanche 8 février : 12 prisonniers sont envoyés à la potence. Parmi eux se trouvaient Nasser Eyvazi (30 ans) et Amrollah Sajadi (27 ans) (Ahvaz) ; Hamid Karyabi (Naïn) ; Danial Abdi (Qom); Parsa Taghi-Zadeh (Qazvin) ; Younès Bagheri (Tabriz) ; Nezam tadjik (Bandar Abbas) ; Rahman Najafi (Arak) ; Shah-Mirza Qaed-Rahimi (Borujerd) ; Abbas Khordbin (Semnan) ; Mehdi Jafarian (Ardabil) ; et Khaled Hosseini (Nowshahr).
Lundi 9 février : 10 prisonniers, dont une femme, Shahla Dolatabadi, ont été exécutés. Parmi les autres victimes identifiées figuraient Seid-Ali Kalami (Kashan), Keyvan Akbari (Ispahan), Houshang Shoukhi (Saveh), Karim Javadi (Zanjan), Mohsen Rezaei (Dorud), Abedin Ahmadi (Neyshabur), Mohammad Zali-Tabar (Gorgan), Rouzbeh Amanat-Doust (Quchan) et Shayan Tojihi (Qaem Shahr). De plus, trois autres prisonniers – Mojtaba Amini (Neyshabur), Ali Davtalab et Mohammad Shah-Rashidi – ont été exécutés dans la prison de Ghezel Hesar entre le 9 et le 10 février (portant le total combiné des 9 et 10 février à 34).
Mardi 10 février : 21 prisonniers ont été exécutés. Les victimes comprenaient Kazem Faraji-Nejad et Taha Shirzad (Sari), Pirooz Pirvani (et deux autres prisonniers anonymes) (Shiraz), Rajabali Aray (Sabzevar), Afshin Ghanbari (Yazd), Ayoub Sarfi (Khaf), Mahmoud Niazi (Lahijan), Yadollah Mokhtari (Sirjan), Mojtaba Barani (Rasht), Ali Bazargan. (Chabahar), Mehrshad Ali-Nia (Damghan), Amin Torkaman (Malayer), Taghi Zalpour (Mahabad), Morad Jahromi (Jiroft), Javad Najjar (Ahvaz), Sina Maleki (Borazjan), Mohammad-Karam Jafari (Ilam), Fariborz Saljoghi (Bam) et Gholam Hassani (Birjand).
Jeudi 12 février : 12 prisonniers ont été exécutés. Leurs noms comprenaient Hassan Kamareh-i (Gonabad), Reza Barati (Kashmar), Darvishali Emami (Mashhad), Mohammad Reza Abdollahi (Sari), Peyman Khani (Ferdows), Panjali Ebrahimi (Mahshahr), un prisonnier nommé Aghapour (Bojnurd), Amirhossein Ghadami (Behbahan), Kiarash Lashgari (Bukan), Kayhan Rouzi. (Esfarayen), Saeed Adineh (Shahrekord) et Arash Davari (Bushehr).
Samedi 14 février : 16 prisonniers ont été pendus. Parmi les victimes identifiées figuraient Valiollah Abdolvali (Dezful), Aryo Moghadam (Karaj), Toomaj Chegeni (Khorramabad), Goudarz Mokhber (Sanandaj), un prisonnier (Zahedan), Ghorban Mousivand (Nahavand), Mousa Nejatpour (Hamedan), Kheydan Ahmadi (Kermanshah), Karamshah Saki (Aligudarz), Pourya Shafiei (Yasuj), Salman Mohammadi (Iranshahr), quatre prisonniers (Urmia) et Karim Geraei (Taybad).
Dimanche 15 février : 15 prisonniers, dont une femme, Esmat Najafi, ont été exécutés. Parmi les victimes masculines identifiées figuraient Sasan Pazouki (Semnan), Farzad Fazli et Davood Ghafouri (Qom), Reza Karami (Dorud), Mostafa Cheshmi (Qazvin), Hassan Dousti (Tabriz), Foroud Khalili (et un prisonnier anonyme) (Arak), Ali Nouri (Nain), Ali-Ashraf Rahmati (Borujerd), Sohrab Daei (Ardabil), Amirhossein. Khanmohammadi (Bandar Abbas), Sirous Alizadeh (Nowshahr) et Asghar Esmaili (Shiraz).
Lundi 16 février : 15 prisonniers ont été pendus, dont une prisonnière, Mina Nasirpour. Parmi les autres victimes identifiées figuraient Sadegh Manafi (Tabriz), Reza Karami (Dorud), Vahid Barati (Saveh), Sajjad Meshkini (Zanjan), un prisonnier nommé Beigi (Dorud), Mola Sheikhi (Neyshabur), Mohammad Rudbari (Qaemshahr), Khosrow Rafiei (Quchan), Ali Mousavi (et deux autres prisonniers anonymes) (Ispahan), Reza Hatamzadeh. (Kashan), Kourosh Azizi (Kerman) et Jamal Hosseini (Gorgan).
Mardi 17 février : 16 prisonniers ont été exécutés. Si 12 de ces noms avaient déjà été annoncés, de nouvelles informations ont confirmé l’exécution de Rasul Khani et Mohsen Seyedi (Chiraz), ainsi que de Reza Bigham et d’un autre prisonnier non identifié (Mashhad).
Mercredi 18 février : 13 prisonniers ont été pendus. Il s'agissait notamment de Khashayar Miri (prison de Qezelhesar, Karaj), Doshambeh Tajik (Chabahar), Khodayar Jahan-Tigh (Kashmar), Morteza Afrashteh (Mashhad), Jalil Shamsi (Damghan), Safa Rajabian (Gonabad), Emad Zeidi (Bushehr), Yaser Ghasemi (Shahrekord), Mojtaba Afshar et Sajjad Ahmadi. (Malayer), Meysam Raoufi (Sabzevar), Mohammad Tavakoli (Mahabad) et Esmail Kalhori (Lahijan).
Jeudi 19 février : Au moins 10 prisonniers ont été exécutés (coïncidant avec le premier jour du Ramadan). Les victimes comprenaient Mokhtar Azizian (Bojnurd), un prisonnier (Taybad), Rahim Mashayekhi (Ferdows), Milad Ghaedi (Mahshahr), Ali-Jafar Sadeghi (Behbahan), Farez Babaei (Bukan), Mehrshad Panji (Sari), Rahman Omrani (Esfarayen), Hassan Amani/Narouie (Sarakhs) et Javad Zare/Keshani (Torbat). Heydarieh).
Exécutions extrajudiciaires en détention
Outre les exécutions officielles, le régime a perpétré un autre crime odieux : le meurtre de Nima Jafari, un travailleur de 22 ans, au centre de détention du département du renseignement de Bandar Abbas. Arrêté le vendredi 6 février, son corps a été remis à sa famille le 12 février, les autorités affirmant mensongèrement qu’il s’agissait d’un suicide. La famille aurait été menacée si elle révélait le meurtre de Nima, une tactique courante pour étouffer les informations sur les violences d’État et les exécutions extrajudiciaires dans les centres de détention.
La campagne « Non aux mardis d'exécution »
Dans une démonstration éclatante de désobéissance civile et de résilience, la campagne « Mardis contre les exécutions » a atteint sa 110e semaine consécutive le 3 mars 2026, passant d'une grève de la faim localisée dans les prisons à un vaste mouvement populaire. Malgré les coupures d'internet sévères imposées par l'État pour étouffer toute communication, des témoignages et des images clandestines provenant de dizaines de villes iraniennes indiquent que « Non aux exécutions » est devenu un cri de ralliement central pour une nouvelle vague de contestation nationale. Cette escalade fait suite aux soulèvements tumultueux de janvier 2026 et reflète la conviction grandissante parmi les militants que l'ère du pouvoir actuel touche à sa fin.
Les participants à la campagne ont évoqué un changement profond du paysage politique iranien, affirmant que la mort du Guide suprême, Ali Khamenei, représente « le début de la fin du sinistre régime du Velayat-e Faqih et l'ouverture sur la démocratie ». Ils ont souligné que le chemin de l'Iran vers la liberté serait tracé par son peuple, libre de toute ingérence étrangère, et qu'il n'y aurait pas de retour aux dictatures du passé.
Dans un contexte de tensions militaires persistantes et d'inquiétudes quant à la sécurité des détenus, notamment suite à une frappe de missile signalée près de la prison d'Evin, les membres de la campagne ont exprimé leur profonde solidarité avec le peuple iranien. Ils ont formulé des demandes juridiques urgentes, en particulier pour l'application immédiate de la résolution 211. Ce protocole d'urgence, essentiel en temps de guerre, prévoit :
- La conversion immédiate des ordonnances de détention en libération sous caution.
- L’octroi d’une libération conditionnelle ou d’une permission de sortie temporaire pour protéger la vie des détenus.
- L'évacuation urgente des prisonniers des zones de combat à haut risque.
Les prisonniers ont averti que la « machine à tuer » du régime ne ralentissait pas, citant plus de 65 exécutions perpétrées depuis le 20 février seulement. Cela démontre que le régime continue de recourir aux exécutions même en période de crises internes et externes.
La campagne doit sa survie et son expansion aux efforts inlassables des familles des personnes exécutées et des mères en quête de justice. En transformant leur douleur personnelle en une revendication publique de justice, ces familles ont permis à la campagne de demeurer un puissant mouvement social, présent dans 56 prisons à travers le pays. Les détenus ont conclu leur discours de la 110e semaine par un message de détermination inébranlable : « Le silence n’est pas une option… nous ne craignons ni la prison, ni les chaînes, ni l’exécution. »
Appel à l'action
L’Observatoire iranien des droits de l’homme (Iran HRM) condamne fermement ces violations et exhorte la communauté internationale – notamment les organisations de défense des droits humains, les Nations Unies et les défenseurs de la justice – à prendre des mesures concrètes et immédiates. Les autorités iraniennes doivent répondre de leurs actes pour ces crimes graves, et une pression soutenue est nécessaire pour mettre fin aux exécutions et à la répression perpétrées contre le peuple iranien.
La vie d'innombrables Iraniens dépend d'une réponse urgente et décisive de la communauté internationale face à ces atrocités.
Source : Iran HumanRights Momitor



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