Des rapports récents en provenance de la prison d'Evin à Téhéran indiquent que, dans un contexte de conditions de guerre et face au risque d'incidents imprévus, la vie des détenus, en particulier des prisonniers politiques et d'environ 200 femmes incarcérées, est gravement menacée.
L’absence de responsabilité officielle, la détérioration des services essentiels et le refus d’envisager la libération ou le transfert des prisonniers ont considérablement accru les inquiétudes quant à l’émergence d’une crise humanitaire au sein de l’établissement.
Le maintien en détention dans des conditions aussi instables a accru les inquiétudes quant à la sécurité et au bien-être des détenus, en particulier des femmes prisonnières politiques .
Mesures de sécurité renforcées et préoccupations en matière de sécurité
D'après certaines informations, des portes de prison ont été soudées afin de prévenir d'éventuelles évasions en cas d'urgence. Cette mesure suscite de vives inquiétudes quant à la sécurité des détenus en cas d'attaque ou d'autre incident grave, car elle réduirait considérablement la possibilité d'une évacuation rapide ou d'un transfert vers un lieu sûr.
Détérioration des services et absentéisme du personnel
Ces derniers jours, l'absentéisme généralisé du personnel a entraîné une réduction marquée des services pénitentiaires. Les détenus seraient privés d'accès à de nombreux produits de première nécessité et rencontrent d'importantes difficultés pour satisfaire leurs besoins les plus fondamentaux, ce qui aggrave la situation d'une population déjà vulnérable.
Crise croissante du niveau de vie et de la santé
L'un des problèmes les plus urgents au sein de la prison, comme cela a déjà été documenté, est la coupure d'eau chaude et la forte dégradation des services d'assainissement, médicaux et pharmaceutiques. Cette situation perdure malgré la surpopulation carcérale et le fait que de nombreux détenus souffrent déjà de problèmes de santé nécessitant des soins urgents.
Lors d'un récent appel téléphonique avec des membres de sa famille, un prisonnier aurait déclaré : « Dans ces conditions de guerre, nous voulons sortir de derrière ces portes et ces murs », une remarque qui reflète la profonde anxiété des détenus quant à leur situation actuelle.
Diffusion limitée et non-application de la directive 211
Selon les informations disponibles, seul un petit nombre de détenus ont été libérés de la prison d'Evin, notamment certains prisonniers politiques dont la peine restante était inférieure à quatre mois et plusieurs personnes incarcérées pour des dettes financières inférieures à 750 millions de tomans. Les rapports indiquent que moins de 20 personnes ont été libérées, un chiffre exceptionnellement bas compte tenu de la crise actuelle.
Dans ce contexte, les appels se sont intensifiés en faveur de la pleine application de la directive 211 à tous les détenus. Une telle mesure pourrait jouer un rôle crucial pour atténuer les risques vitaux et prévenir l'aggravation d'une crise humanitaire au sein de la prison d'Evin.
Résolution n° 211 et obligations légales du pouvoir judiciaire
En vertu de la résolution n° 211 du Conseil supérieur de la magistrature, en date du 12 janvier 1987, le pouvoir judiciaire est légalement tenu, en cas d’urgence liée à la guerre, de prendre des mesures immédiates pour protéger la vie des détenus. Ces mesures comprennent la conversion des ordres de détention, l’octroi d’une libération conditionnelle, l’acceptation d’une caution ou d’un dépôt de garantie, et le transfert des détenus vers des lieux sûrs.
La résolution autorise en outre les procureurs, lorsque les garanties ordinaires s'avèrent insuffisantes, à libérer, pour la durée de l'état d'urgence, les détenus ne présentant pas de risque pour la sécurité. Les prisonniers politiques et d'opinion, les personnes condamnées pour des infractions non intentionnelles ou financières, ainsi que celles purgeant des peines pour des délits mineurs, figurent parmi les personnes éligibles à ces mesures. Des dispositions ont également été prises pour le transfert, vers des établissements sécurisés, des personnes condamnées pour des infractions violentes.
Les experts juridiques soulignent que la mise en œuvre de cette résolution, dans les circonstances actuelles, constitue une obligation légale urgente et ne peut être différée.
Face à la persistance des menaces militaires, tout retard dans la prise de décision pourrait avoir des conséquences humaines irréversibles. Les détenus sont incapables de se défendre contre des frappes aériennes ou de missiles. La responsabilité de leur protection incombe directement au pouvoir judiciaire et à l'administration pénitentiaire.

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