lundi 30 mars 2026

Enfants soldats en Iran : l’Iran confirme l’utilisation d’enfants de 12 ans dans des patrouilles de sécurité

 Un responsable des pasdarans admet que des mineurs (enfants soldats) sont déployés dans des patrouilles et des postes de contrôle alors que les conditions de conflit s’intensifient

Les enfants soldats en Iran font désormais partie des opérations de sécurité officielles, alors qu’un haut responsable des pasdarans a confirmé l’utilisation d’enfants de 12 ans dans des patrouilles et des postes de contrôle — un aveu qui suscite de sérieuses inquiétudes dans le contexte du conflit en cours.

L’Iran confirme l’utilisation d’enfants dans des opérations de sécurité

Rahim Nadali, adjoint culturel des pasdarans à Téhéran, a déclaré que des adolescents âgés de 12 et 13 ans participent activement à des « patrouilles de renseignement, missions opérationnelles et inspections de postes de contrôle ».

L’importance de cette déclaration réside dans sa clarté. Ce n’est pas un rapport indirect ni une allégation — c’est une reconnaissance directe que des mineurs sont intégrés dans des structures opérationnelles de sécurité.

Les types de rôles décrits suggèrent que ces enfants ne sont pas de simples observateurs ou stagiaires, mais qu’ils font partie de réseaux d’application actifs sur le terrain.

Conditions de guerre : des enfants exposés à un risque direct

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Ce développement intervient alors que l’Iran reste engagé dans un environnement de conflit en cours, où les rapports d’attaques contre des postes de contrôle et des positions de sécurité sont devenus de plus en plus visibles dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Dans un tel contexte, le déploiement d’enfants dans ces rôles entraîne une implication critique :
ils sont placés dans des positions pouvant être directement ciblées.

Ces mineurs sont effectivement exposés à des risques de première ligne — sans la capacité juridique, la maturité ou le consentement éclairé nécessaires pour prendre une telle décision.

Le résultat est un effondrement de la frontière entre l’enfance civile et la participation opérationnelle au conflit. Ce qui est normalement réservé à du personnel adulte formé s’étend désormais aux adolescents.

Un schéma plus large : expansion de l’empreinte sécuritaire

L’utilisation d’enfants dans ce cadre peut également refléter une stratégie plus large :

  • Extension des réseaux locaux de surveillance et de contrôle
  • Réduction des coûts opérationnels en s’appuyant sur de jeunes recrues
  • Insertion plus profonde de la présence sécuritaire dans les environnements sociaux quotidiens

Mais le coût à long terme pourrait être bien plus élevé — en particulier pour une génération introduite très tôt aux structures de conflit et de coercition.

Cas connexe : arrestation de Zahra Hojjat à Mashhad

Dans un développement distinct mais révélateur, Zahra Hojjat — une défenseure reconnue des filles en situation de handicap et directrice de l’Institut de réhabilitation Hamdam à Mashhad — a été arrêtée par les forces de sécurité iraniennes.

Hojjat est largement connue pour ses années de travail auprès d’enfants vulnérables et a reçu le surnom de « Mère de 400 filles » en raison de son rôle dans la prise en charge et l’éducation de filles handicapées.

Refus de transformer un centre pour enfants en site militaire

Selon les informations, son arrestation a suivi une confrontation directe avec les pasdarans.

Les forces de sécurité auraient cherché à utiliser le centre de réhabilitation qu’elle dirige comme site pour déployer ou dissimuler du personnel militaire — transformant ainsi un établissement pour enfants vulnérables en lieu à usage militaire.

Certains témoignages indiquent que l’objectif était de positionner des forces dans l’enceinte durant les conditions de conflit en cours, soulevant des inquiétudes quant au fait que la présence d’enfants puisse servir de forme de protection contre d’éventuelles attaques.

Hojjat a refusé.

Son opposition a déclenché une réaction sécuritaire qui a conduit à son arrestation. Elle a ensuite été transférée vers un lieu non divulgué, et aucune information officielle sur son état ou sa localisation n’a été publiée.

Une réalité convergente

Pris ensemble, ces deux développements indiquent un schéma unique en évolution :

  • Des enfants intégrés dans des opérations de sécurité
  • Des espaces civils — en particulier ceux liés à des populations vulnérables — envisagés pour un usage militaire
  • Une résistance à ces pratiques réprimée par la détention

Dans des conditions de guerre, ces évolutions ont des conséquences accrues. Elles redéfinissent qui est exposé au risque — et qui a le pouvoir de décider.

Conclusion

La reconnaissance par l’Iran de l’utilisation d’enfants dans des rôles opérationnels de sécurité, combinée à l’arrestation d’une responsable ayant résisté à la militarisation d’un centre pour enfants, souligne une transformation critique.

La question centrale n’est plus de savoir si ces pratiques existent — mais jusqu’où elles pourraient s’étendre, et ce qu’elles impliquent pour la sécurité des civils, en particulier des enfants, dans un environnement de conflit actif.

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