Prison d’Evin : les frappes aériennes font craindre pour la sécurité des détenus
Aux premières heures du mardi 3 mars 2026, les environs de l’université Imam Hossein à Téhéran et une partie du mur d’enceinte de la prison d‘Evin ont été la cible de frappes aériennes. Des sections du mur de la prison ont été endommagées. À l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune information vérifiée n’a été communiquée concernant l’état des prisonniers ou d’éventuelles victimes.
Cet incident place une nouvelle fois la sécurité des personnes incarcérées à Evin, tout particulièrement celle des prisonniers politiques, notamment quelque 200 prisonnières politiques et des personnes interpellées lors du soulèvement de janvier, au cœur des préoccupations du public face à l’escalade des menaces militaires.
Le personnel pénitentiaire a déserté les lieux, laissant les prisonniers derrière des portes verrouillées
D’après des informations de presse, une situation d’urgence prévaut à la prison d’Evin depuis le 28 février 2026, perturbant ses opérations administratives habituelles. Des sources informées décrivent de graves restrictions concernant l’accès des détenus à la nourriture et aux fournitures essentielles. Il est également rapporté par plusieurs sources médiatiques que le personnel administratif a quitté les lieux alors que les portes de la prison demeurent verrouillées. La fermeture du magasin de la prison a encore accentué les difficultés éprouvées par les détenus.
Appels à une action immédiate pour prévenir une catastrophe humanitaire
Dans un message publié sur le réseau social X, Mme Maryam Radjavi, présidente élue de la Commission des Femmes du CNRI, a exhorté la communauté internationale et les organisations de défense des droits humains à exiger la libération immédiate de tous les prisonniers, en particulier des détenus politiques. Elle a souligné que, dans des conditions de bombardement, la vie des prisonniers est plus que jamais en danger.
Des prisonniers sans protection ni issue de secours
La structure physique des prisons prive intrinsèquement les détenus des options de protection les plus élémentaires en cas de crise militaire. Les prisonniers n’ont aucune capacité d’évacuation d’urgence et aucun accès autonome à des abris. Selon les normes internationales applicables en période de conflit armé, la sauvegarde de la vie des détenus nécessite une réduction immédiate de la population carcérale, ainsi que le transfert ou la libération temporaire des prisonniers non violents et ne présentant pas de danger.
La résolution n° 211 et les obligations juridiques du pouvoir judiciaire
En vertu de la résolution n° 211 du Conseil supérieur de la magistrature, datée du 12 janvier 1987, le pouvoir judiciaire est légalement tenu, en cas d’urgence liée à la guerre, de prendre des mesures immédiates pour protéger la vie des prisonniers. Ces mesures incluent la conversion des mandats de dépôt, l’octroi de libérations conditionnelles, l’acceptation de cautions ou de garanties, et le transfert des détenus vers des lieux sécurisés.
La résolution autorise en outre les procureurs, lorsque les garanties ordinaires s’avèrent insuffisantes, à libérer les prisonniers ne présentant pas de risque pour la sécurité pendant toute la durée de l’urgence. Les prisonniers politiques et d’opinion, les personnes condamnées pour des délits non intentionnels ou financiers, ainsi que celles purgeant des peines pour des infractions mineures figurent parmi les bénéficiaires éligibles à de telles mesures. Des dispositions ont également été prises pour le transfert des individus condamnés pour des crimes violents vers des installations sécurisées.
Les experts juridiques soulignent que l’application de cette résolution dans les circonstances actuelles constitue une obligation légale urgente qui ne peut être différée.
Compte tenu de la persistance des menaces militaires, tout retard dans la prise de décision pourrait entraîner des conséquences humaines irréversibles. Les prisonniers n’ont aucune capacité d’autodéfense face à des frappes aériennes ou de missiles. La responsabilité de leur protection incombe directement au pouvoir judiciaire et à l’Organisation des prisons.
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