mardi 3 mars 2026

Ali Moezzi, prisonnier politique de longue date, salue une nouvelle ère de résistance depuis Ghezel Hesar

 Depuis la prison de Ghezel Hesar, Ali Moezzi, l’un des détenus politiques les plus emblématiques d’Iran, a lancé un message fort déclarant que l’Iran est entré dans une « nouvelle étape de son histoire ». Moezzi, ont l’expérience s’étend sur quatre décennies d’incarcération, décrit un changement fondamental au sein de la résistance iranienne, caractérisée par une nouvelle génération de jeunes à la volonté de fer qui ont rendu obsolète la machine d’exécution du régime.

Fin d’un siècle de dictature

La déclaration de Moezzi fait suite à l’annonce par le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) de la formation d’un gouvernement provisoire dirigé par sa présidente élue, Mme Maryam Rajavi. Moezzi considère ce moment comme décisif pour « mettre fin une fois pour toutes à un siècle de dictatures monarchistes et cléricales ».

Évoquant les récents soulèvements, Moezzi écrit avec une urgence quasi prophétique : « La tête du serpent a été frappée, et le volcan de la colère populaire est sur le point d’entrer en éruption. J’en suis témoin à travers les enfants courageux du peuple avec lesquels j’ai passé des années de ma vie dans ces prisons. »

La « Génération de Fer » des Unités de Résistance

Une part importante du message de Moezzi est consacrée à l’évolution de la résistance depuis 2022. Il décrit avoir été témoin d’un « nouveau phénomène de courage » sous la forme d’Unités de Résistance au sein même des prisons. Il rend hommage à des martyrs récents comme Mehdi Hassani et Behrouz Ehsani, soulignant qu’ils ont « totalement méprisé » l’isolement, la torture et la pendaison.

Moezzi offre un aperçu rare et saisissant des interrogatoires de cette jeune génération lors des « procès spectacles » du régime, citant directement leur défi :

  • Juge : « N’avez-vous aucun regret ?»
  • Prisonnier : « Non, pas du tout. Je suis fier !»
  • Juge : « Était-ce simplement une émotion de jeunesse ? »
  • Prisonnier : « Non, c’était intentionnel, conscient et résolu ! »
  • Juge : « Que ferez-vous si vous êtes libéré ? »
  • Prisonnier : « Si je meurs et ressuscite cent fois, je continuerai sur cette voie ! »

« C’est ici », se souvient Moezzi, « que j’ai vu de mes propres yeux comment l’étendard de la cause des Moudjahidines se transmettait de main en main ; il tournait sans cesse, mais jamais il ne tombait à terre. Au contraire, il était hissé à chaque fois plus haut par la génération suivante. »

Scène de résistance dans un hôpital public

L’anecdote la plus marquante du reportage de Moezzi concerne un jeune membre de l’Unité de résistance, récemment transféré de prison à un hôpital public. Lorsque les patients, les infirmières et le personnel présents ont compris qu’il était un prisonnier politique condamné à mort, une foule s’est rassemblée en signe de solidarité.

Moezzi relate le dialogue qui s’est déroulé dans le service public :

Personnel hospitalier : « Quelle est votre peine ?»

Prisonnier : « L’exécution !»

Une voix dans la foule : « Ils ont tort de faire ça ! Que voulez-vous ?»

Prisonnier : « La liberté pour le peuple et une République démocratique. Nous ne voulons ni la monarchie ni le Velayat-e Faqih (pouvoir clérical) ! »

Selon le rapport, le jeune homme a alors crié trois fois au milieu de l’hôpital : « Mort à l’oppresseur, qu’il s’agisse du Shah ou du Guide !»

Une vision de victoire
Moezzi, qui se souvient des martyrs des années 1980, 2000 et 2010 — notamment Ali Saremi, Gholamreza Khosravi et Zanyar Moradi — conclut que la continuité de cette lutte a enfin atteint un point de rupture pour le régime. Il décrit la génération actuelle comme des « joyaux incomparables » dont le courage a transformé sa foi de longue date en une « certitude absolue ».

« La victoire est à nous », déclare Moezzi depuis sa cellule à Ghezel Hesar. « Demain nous appartient. »

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