samedi 29 mars 2025

Manifestations en Iran : Agriculteurs, ouvriers et familles de prisonniers politiques réclament justice

 En Iran, différents segments de la société descendent dans la rue pour revendiquer leurs droits : Des agriculteurs d’Ispahan aux travailleurs du pétrole de Lavan, en passant par les familles de prisonniers politiques de Téhéran, les manifestations mettent en lumière des griefs profonds contre la mauvaise gestion et la répression du régime iranien.

Le 28 mars, une nouvelle fois, les agriculteurs d’Ispahan, dans le centre de l’Iran, se sont rassemblés pour revendiquer leurs droits à l’eau et la réouverture de la rivière Zayandeh. Cette crise prolongée, causée par la mauvaise gestion gouvernementale et les projets de dérivation d’eau à grande échelle favorisant les industries militaires, a dévasté les moyens de subsistance de milliers d’agriculteurs. Après des mois de manifestations, les autorités ont été contraintes de libérer l’eau du barrage de la rivière Zayandeh, mais le scepticisme persiste quant au respect de leur engagement par les autorités.

La résistance persistante des agriculteurs met en lumière le problème plus large de la pénurie d’eau en Iran, exacerbé par les politiques du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), qui privilégie l’expansion industrielle au détriment de la durabilité agricole. « Nous voulons seulement de l’eau, et pourtant ils la volent et nous disent de ne pas protester. Comment pouvons-nous garder le silence ? », a déclaré un agriculteur lors de la manifestation.

Le 26 mars, les travailleurs de la compagnie pétrolière iranienne offshore à Lavan, dans le sud de l’Iran, ont repris les manifestations pour réclamer des salaires équitables, une amélioration des classifications professionnelles et de meilleures politiques de gestion. De même, à Shush, dans le sud-ouest de l’Iran, les travailleurs de la compagnie sucrière Haft-Tappeh se sont rassemblés pour protester contre la précarité de l’emploi, reflétant le mécontentement croissant de la population active iranienne.

L’incapacité du gouvernement à répondre aux revendications des travailleurs a alimenté la frustration, beaucoup craignant une aggravation de l’instabilité économique et de la hausse de l’inflation dans les mois à venir. Les travailleurs du pétrole et de l’industrie ont joué un rôle crucial dans les mouvements de protestation iraniens, menant souvent des grèves qui perturbent des secteurs vitaux de l’économie.

Le 25 mars, les familles de prisonniers politiques à Téhéran ont poursuivi leurs manifestations hebdomadaires dans le cadre de la campagne « Non aux exécutions les mardis ». Les manifestants se sont rassemblés devant la prison d’Evin pour exiger la fin des condamnations à mort pour leurs proches. Parmi les cas particulièrement indignés figurent ceux des prisonniers politiques Vahid Bani-Amerian et Pouya Ghobadi, tous deux condamnés à mort par la justice du régime.

Dans le sud-est de l’Iran, des assaillants armés ont pris pour cible une patrouille de police à Iranshahr le 27 mars, tuant un agent de sécurité et en blessant deux autres. Si les médias d’État ont minimisé l’incident, des sources locales ont fait état de tensions accrues dans la région, connue pour ses fréquents affrontements entre les forces de sécurité et les groupes de résistance locaux.

Alors que les manifestations se poursuivent dans plusieurs régions et touchent différents groupes sociaux, le régime iranien est confronté à une résistance croissante de tous les secteurs de la société. Qu’il s’agisse des agriculteurs réclamant des droits à l’eau, des travailleurs luttant pour des salaires équitables ou des familles protestant contre les exécutions, le point commun reste un profond mécontentement face à la corruption et à la répression systémiques. Face à la pression croissante, tant au niveau national qu’international, les mouvements de protestation en Iran ne montrent aucun signe d’affaiblissement, ce qui laisse présager une poursuite des troubles dans les mois à venir.

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