Deux mois et demi après son arrestation, Arghavan Fallahi est toujours dans les limbes de la prison d’Evin. Elle a été soumise à des interrogatoires, mais son cas n’a pas été réexaminé.
Son père et d’autres membres de sa famille ont également été convoqués et interrogés. Jusqu’à présent, les autorités lui ont refusé la possibilité d’une libération temporaire.
Née en 2000, Arghavan Fallahi a été arrêtée le 25 janvier 2025 à Parand et transférée au quartier 209 de la prison d’Evin. Depuis lors, aucune information fiable n’a été communiquée quant à son état de santé, et son sort reste inconnu.
Fallahi avait déjà été arrêtée et libérée de la prison d’Evin à la fin de l’année 2023. Cependant, sa récente ré-arrestation et le manque d’informations sur son état de santé ont suscité de vives inquiétudes.
Arghavan Fallahi avait été arrêté en novembre 2022 avec son père, Nasrollah Fallahi, et son frère, Ardavan Fallahi. La famille a été arrêtée alors qu’elle se rendait d’Ispahan à Chiraz pour rendre visite à un ami de la famille, Parvin Mirasan. Ils ont été détenus pendant plus de 2 mois dans les centres de détention d’Ispahan, où ils ont été soumis à des interrogatoires et à des actes de torture.
La famille Fallahi et Mme Mirasan ont ensuite été transférées à la prison d’Evin et jugées pour « appartenance à l’Organisation des Moudjahidines du peuple iranien (OMPI) », « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale » et « propagande contre le régime ». Le tribunal a condamné Parvin Mirasan et Nasrollah Fallahi à 4 ans de prison chacun, Arghavan Fallahi à 2 ans et Ardavan Fallahi à 1 an.
Après avoir passé 1 an et 4 mois en prison, Arghavan Fallahi a finalement été libéré sous caution en mars 2024. Cependant, son père, Nasrollah Fallahi, reste incarcéré à la prison d’Evin, où il purge sa peine.
La nouvelle arrestation d’Arghavan Fallahi souligne la répression continue du régime iranien à l’encontre des dissidents politiques, les anciens prisonniers étant fréquemment ré-arrêtés malgré leurs condamnations et libérations antérieures.
15 000 arrestations au cours de l’année écoulée
Abbas Masoudi, commandant adjoint des forces de sécurité de l’État (SSF) et des unités de protection de la police iranienne (FARAJA), a admis l’arrestation de plus de 15 000 personnes l’année dernière sous le prétexte de violations de l’environnement. (ISNA – 29 mars 2025)
Cet aveu révèle l’ampleur des détentions arbitraires dans le pays, mais aucun détail n’a été fourni sur la nature de ces arrestations, la condition des personnes détenues ou leurs procédures judiciaires.
Par le passé, de nombreuses informations ont fait état d’arrestations massives de manifestants, d’activistes civils et d’opposants au gouvernement sous des chefs d’accusation non politiques. L’expérience a montré que de nombreuses arrestations par les agences de sécurité ont lieu sans être annoncées officiellement, laissant le sort des détenus inconnu. Cette situation a renforcé les inquiétudes concernant la coercition, les aveux forcés et la violation des droits fondamentaux.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire